ASTEROPA 2
Thématique(s)
- Démarches participatives
- Expositions environnementales
- Substances perfluorées (PFAS)
Localisation du cancer
- Cancer du rein
- Non spécifique
Objectif projet
ASTEROPA 2 vise à étudier les liens entre expositions aux PFAS et le risque de cancer du rein. Il a la particularité de comporter des volets épidémiologiques mais aussi environnementales sur la dispersion des PFAS dans l’environnement et participatif avec l’intégration de citoyens aux projets.
Au fil des années les projet ASTEROPA 1 et 2 se sont enrichi d’un volet supplémentaire (ASTEROPA 3).
Objectif du volet épidémiologique
Réaliser une revue systématique et une méta-analyses des études épidémiologiques sur les associations entre l’exposition aux PFAS et le risque de cancers (sein, testicule, rein, thyroïde et foie).
Analyser l’association entre l’exposition aux PFAS alimentaire et le risque de cancer du rein dans l’étude de cohorte Française E3N-Générations.
Objectif du volet environnemental
Réalisation d’une modélisation directe et inverse de la dispersion atmosphérique des PFAS
Etudier les dépôts dans différents ouvrages de gestion des eaux urbaines et du transfert dans les chaînes alimentaires
Objectif du volet participatif
Poursuivre le travail collaboratif avec le groupe de citoyens recrutés dans le cadre d’ASTEROPA 1, ainsi qu’avec les acteurs des politiques publiques, dans la conception, le déploiement et la valorisation des projets de recherche.
Méthodes
Volet épidémiologique
Revue de toutes les études épidémiologiques (cas-témoin et cohortes) publiées sur l’exposition aux PFAS et risque de cancer (sein, testicule, rein et thyroïde). Estimation de l’effet combiné (Rapport de risque (HR), odds ratio (OR), risque relatif (RR) et leurs intervalles de confiance à 95%) de l’exposition aux PFAS et risque de chaque cancer, à l’aide des modèles de méta-analyse à effets fixes et aléatoires.
Analyse statistique : modèles de risques proportionnels de Cox, avec l’âge comme échelle temporelle, seront utilisés pour estimer les rapports de risque (HR) et leurs intervalles de confiance à 95 % des associations entre l’exposition alimentaire aux PFAS et le risque de cancer du rein. Les analyses seront ajustées sur les facteurs de confusion sélectionnés en utilisant un graphe orienté acyclique (DAG).
Volet environnemental
Modélisation directe : réalisée en imposant les débits de polluants aux sources (au sein des sites industriels) déclarés par les industriels. Cette approche repose sur l’hypothèse que les sources identifiées sont les seuls rejets atmosphériques de PFAS dans le domaine d’étude et que les débits déclarés par les industriels sont représentatifs des émissions réelles. Les résultats des simulations directes seront ensuite comparés avec les données de concentration de PFAS dans l’air recueillies par ATMO Aura à un nombre limité de récepteurs. Modélisation inverse : les mêmes mesures de concentration de PFAS en air ambiant seront utilisées pour remonter à la localisation et à l’intensité des sources, tout en formulant des hypothèses sur le nombre maximal de sources potentiellement en œuvre.
Analyse du transport dans les sols et des transferts dans la chaîne : modélisation similaire à celle utilisée par le programme de calcul largement employé, CalTOX.
Volet participatif
ASTEROPA 2 continuera le travail amorcé avec les citoyens co-chercheurs sur les sujets d’intérêt du projet, à savoir les contaminations alimentaires par les PFAS et l’étude de la contamination par l’eau.
Résultats
Les projets ASTEROPA sont en cours et aucun résultat n’a encore donné lieu à une publication.
Volet épidémiologique
Une revue de la littérature concernant l’impact de l’exposition aux PFAS sur la santé, incluant les cancers, a été réalisée. Cette revue a permis d’identifier les PFAS prioritaires et de préciser leurs liens potentiels avec certains cancers. La méta-analyse a été effectuée et est en cours de relecture en interne avant la soumission à un journal.
Les échantillons biologiques sont en cours de préparation et seront envoyés au laboratoire Laberca d’ici fin 2025, pour un dosage en 2026.
Volet environnemental
Une première série de travaux préliminaires a été réalisée en 2024 pour modéliser les concentrations de quatre PFAS (PFOA, PFNA, PFOS et PFHxs) dans l’air et les dépôts dans les sols, en s’appuyant sur des outils ad hoc (modèle SIRANE et CalTox). Ces travaux ont permis de montrer la faisabilité d’une chaîne de modélisation reliant les émissions industrielles à la contamination des œufs. Le modèle atmosphérique SIRANE a été utilisé pour simuler la dispersion des PFAS dans l’air et leurs dépôts sur les sols pour l’année 2023. Ces données ont permis d’estimer les concentrations de PFAS dans les œufs, grâce à l’outil CALTOX développé par l’INERIS. Ces modélisations préliminaires portant sur l’année 2023 ouvrent la voie à une meilleure compréhension des expositions aux PFAS dans la métropole lyonnaise. En consolidant les données et les méthodes, ils contribueront à l’élaboration de stratégies de gestion et de réduction des risques pour la population et l’environnement.
Volet participatif
La première année du projet ASTEROPA a permis la constitution du groupe de citoyens cochercheurs. Sept citoyens sont impliqués dans le projet et des réunions régulières sont effectuées tous les deux mois. Le premier objectif était la validation de la fiche de missions et de la charte d’engagement. Cette première étape a permis de lancer le travail collaboratif sur un livrable à destination du grand public souhaitant informer sur les PFAS, leur caractéristiques, l’impact sur la santé et notamment sur le risque de cancer mais également sur les recommandations pour limiter son exposition. Ce dernier point a été discuté par les citoyens, qui ont alerté sur le message final de ce support. En effet, le caractère évolutif et incertain de la contamination aux PFAS a fait réfléchir quant au véritable pouvoir d’agir des riverains et du grand public. L’aspect potentiellement culpabilisant de la fiche face à son objectif initial a été un point de réflexion général. La proposition du groupe était donc d’étudier la possibilité d’émettre des recommandations collectives et d’insister sur le fait qu’il subsiste des incertitudes pesant sur la situation du territoire pour ne pas introduire de biais dans notre communication. La volonté de réaliser un livrable de communication a également fait l’objet d’une demande des citoyens vis-à-vis de l’état des lieux des connaissances sur les PFAS. Ils ont formulé le besoin de partager les premiers résultats de la revue de la littérature, afin de pouvoir appuyer la suite des échanges sur des données établies et de mettre l’ensemble du groupe sur un même niveau de connaissances. Par la suite, deux réunions consécutives ont été consacrés au partage et à la présentation des travaux en cours des autres WP du projet.
A l’issue de ces réunions et à la vue des dynamiques relevées sur le terrain par les citoyens, le besoin d’un livrable de communication s’est précisé. Les citoyens souhaitent aujourd’hui se tourner vers un public plus ciblé : les professionnels de santé. Cette demande procède du constat du manque de connaissance des professionnels de santé sur cette thématique et des pertes de chance associées aux enjeux de diagnostic. En parallèle de la collaboration avec les citoyens, les livrables portant sur la monographie du CIRC ont pu être établis. En effet, la mise à jour de la monographie du CIRC portant sur la cancérogénicité du PFOS et du PFOA publié par le CIRC en novembre 2023 a permis la traduction et la publication sur le portail de référence du département Prévention Cancer Environnement du CLB (cancer-environnement.fr). Cette synthèse a également fait l’objet d’une collaboration avec les élus de la Métropole de Lyon. Une note de politique a en effet été réalisée et travaillée avec le service Santé de la Métropole. Elle reprend les éléments scientifiques principaux sous une forme facilement appropriable et mobilisable pour les élus. Ce format de communication et de collaboration sera reconduit sur les prochains livrables effectués dans le projet et le groupe de citoyens. Enfin, une fiche portant sur les PFAS a été créée et est en cours de relecture pour une prochaine publication sur le portail cancer-environnement.fr. Cette fiche s’est inspirée de la revue de littérature communiquée aux citoyens. La forme et le fond ont été revus afin d’être accessible au grand public. Plusieurs niveaux de lecture sont cependant disponibles afin de communiquer sur les éléments scientifiques et pertinents et d’illustrer l’envergure de nos recherches.
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Thomas Coudon
Département Prévention Cancer Environnement, Centre Léon Bérard.
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Amina Amadou
Département Prévention Cancer Environnement, Centre Léon Bérard.
Partenaires
- Sciences Po – Triangle
- ENTPE
- E3N Générations
- Ecole Centrale de Lyon
Financeurs
Le projet a été financé par la Métropole de Lyon dans le cadre des projets structurants du Cancéropôle AURA (CLARA).