La prévention, une mission stratégique pour le Centre Léon Bérard

Dès leur création dans les années 1920, les premiers « centres anticancéreux » se donnent pour objectif de soigner le cancer mais aussi de le prévenir. Notre mission de prévention est donc bel et bien inscrite dans l’ADN de notre établissement et ce depuis plus de 100 ans.

Le début du siècle, les prémices de la prévention dans la lutte contre le cancer

Les centres anticancéreux, et notamment celui du Pr Léon Bérard, sont confrontés à une problématique : les patients, très peu renseignés sur la maladie arrivent souvent à des stades trop avancés de leur cancer pour être soignés.
La maladie est encore mal connue et les seuls traitements sont la chirurgie et la radiothérapie avec les premiers traitements au radium.

En parallèle des nouveaux traitements qui peuvent rendre la maladie curable dès lors qu’elle est prise en charge précocement, les premières informations sur le dépistage commencent donc à être diffusées par les praticiens, par voie de presse et d’affichage, mais aussi de conférences.

En lien avec la Ligue contre le cancer, tout juste créée par le Lyonnais Justin Godart, les centres anticancéreux sensibilisent la population à consulter dès l’apparition de symptômes, telle que les plaies, grosseurs ou une douleur persistante.

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Le Pr Léon Bérard, dans son bureau, au début des années 30.

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C’est après une autre guerre mondiale, la deuxième, que la lutte contre le cancer et la prévention progressent à nouveau. Le 1er octobre 1945, une ordonnance du Général De Gaulle crée les « Centres de lutte contre le cancer » (CLCC) et les reconnaît comme établissements de santé d’utilité publique, exclusivement dédiés à la cancérologie.

Ce texte fondateur leur donne donc un statut avec quatre missions claires : les soins, la recherche, l’enseignement, et la prévention, notre quatrième pilier dans la lutte contre le cancer.

La prévention, au coeur de l’ADN du Centre Léon Bérard

Au Centre Léon Bérard, les prémices d’une politique de prévention apparaissent dans les années 80 avec l’ouverture des premières consultations d’oncogénétique en France.

Ce service s’adresse aux personnes ayant des antécédents familiaux de cancers et que l’on suit plus particulièrement. Avant de partir à Marseille, le Pr Hagay Sobol, oncogénéticien reconnu, crée cette consultation avec le soutien du comité de l’Ain de la Ligue contre le cancer, épaulé par le Pr Gilbert Lenoir, biologiste, et le Pr Thierry Philip, alors nouveau directeur général du Centre Léon Bérard.

A son arrivée, le Pr Thierry Philip crée également un département de santé publique, un centre d’oncologie génétique clinique 1994, puis en 1999 une consultation de tabacologie.

Focus sur les dépistages, la prévention secondaire des cancers

Dans les années 70, l’anatomopathologie, la radiologie avec la mammographie, ou les endoscopies s’améliorent, en parallèle les initiatives pour organiser le dépistage de certains cancers, pour lesquels un traitement curatif précoce est efficace, se multiplient.
En France à la fin des années 80, des campagnes pilotes de dépistage systématique et rigoureux sont lancées dans une dizaine de départements auprès des femmes âgées entre 50 à 69 ans (20% de la population féminine concernée).

Dans les années 90, grâce au dépistage systématique des cancers du sein organisé dans certaines villes des Etats-Unis et dans les départements français, on observe une diminution de la mortalité. Le dépistage par frottis du cancer du col semble également justifié selon l’analyse des données internationales réalisée ceci dès lors qu’il répond à une organisation et à un suivi strict. « L’utilité du dépistage de masse organisé des cancers du sein (entre 50 et 69 ans) et du col utérin (entre 25 et 65 ans) a été démontrée par plusieurs essais cliniques menés dans différents pays avec une grande rigueur méthodologique. » indique le Haut comité de santé publique (HCSP) dans une recommandation du 15 juin 1993 qui jettera les bases des premières campagnes de dépistages du cancer du sein et du cancer du col utérin en France.

Il faudra attendre 2004, avec la mesure 21 du premier Plan cancer 2003-2007, pour que le dépistage des cancers du sein soit généralisé en France auprès de toutes les femmes âgées entre 50 et 74 ans.

Puis quatre en plus tard, en 2008, c’est le programme de dépistage organisé du cancer colorectal qui est proposé à tous les Français âgés de 50 à 74 ans.

Enfin, le programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus étendu à toutes les femmes asymptomatiques de 25 à 65 ans sera pour sa part mis en place en 2018.

Création du département « Cancer Environnement » au Centre Léon Bérard

En 2009, après vingt ans et quatre mandats successifs de directeur, Thierry Philip passe le relais au Pr Sylvie Négrier et devient responsable d’un nouveau département innovant qu’il baptise « Cancer environnement ». Ce service propose une activité clinique avec des consultations, une activité de recherche sur les risques de cancers en lien avec les expositions environnementales, mais également travaille sur l’information des publics et la participation des patients aux décisions qui sont prises pour leur parcours de soin.

En 2010, les premiers cours d’activité physique adaptée sont donnés aux malades pendant leur traitement par des enseignants spécialement formés et une salle de sport est ouverte en 2018 sous la Pyramide, emblème du CLB. Des consultations de nutrition sont aussi organisées pour prévenir les risques d’obésité chez les patients atteints de cancer.

C’est ainsi que nait au Centre et se développe la prévention tertiaire, celle qui va limiter la rechute ou prévenir un possible nouveau cancer.

Désormais, le CLB couvre les trois champs de la prévention des cancers : primaire, secondaire et tertiaire.

A l’arrivée du Pr Jean-Yves Blay, nommé directeur général en 2014, la prévention devient un axe stratégique à part entière de nos projets d’établissement 2016-2020 (avec entre autres le développement de l’endoscopie digestive diagnostique ou la surveillance des femmes à risque augmenté de cancers du sein par IRM mammaire) puis 2021-2025 avec le projet d’ouverture du Centre de prévention, un lieu unique ouvert sur la ville et le grand public. Cette politique sera poursuivie dans le prochain projet médico-scientifique 2026-2030.

Ces engagements répondent à la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 qui ambitionne de réduire le poids des cancers dans le quotidien de nos concitoyens. 40% des cancers résultent de l’exposition à des facteurs de risque évitables, liés à nos modes de vie et à nos comportements, comme le tabac, l’alcool, la sédentarité, une mauvaise alimentation.