On a parfois l’impression que la prévention est une affaire d’experts : des médecins, des chercheurs, des grandes campagnes de santé publique et pourtant… Au Centre Léon Bérard, on en est convaincus, la prévention appartient à tout le monde et bonne nouvelle, pas besoin d’avoir fait médecine pour y contribuer.

Prévenir, c’est quoi au juste ? 

Dans le langage courant, on pense souvent que « prévention » rime avec « faire attention » mais en réalité c’est bien plus que ça.
La prévention est un ensemble d’actions, d’attitudes et de comportements qui tendent à éviter la survenue des maladies, à arrêter leur progression et à limiter leurs conséquences. En bref : agir en amont, « en cours de route » et après.

📖 Point culture : en 1948, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pose les premières bases d’une définition de la prévention ; « la prévention est l’ensemble de mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps ».

La prévention concerne tout le monde et à tout âge !

La prévention s’adresse à l’ensemble de la population de manière générale, aux patients, aux proches aidants et aux personnes à risque. La prévention on n’y échappe pas, nous sommes tous concernés qu’importe notre âge ou notre genre. Et si l’on vous disait que vous y êtes sensibilisé depuis votre enfance ? Le croiriez-vous ?

En effet, la période des 1000 premiers jours est la première fenêtre en matière de prévention primaire en santé. Les études scientifiques ont permis de montrer que cette période charnière permet la mise en place d’environnements favorables à la santé, déterminante pour le développement de l’enfant et de l’adulte.

Infographie prévention – génération

La prévention, mais à quels niveaux ?

Si vous pensiez que la prévention ne s’appliquait qu’« en cours de maladie », et bien mauvaise pioche ! En réalité, la prévention se décline en trois niveaux : primaire, secondaire et tertiaire (en amont, pendant et en aval de la maladie).

La prévention primaire a pour objectif de réduire l’exposition aux facteurs de risque, avant même la survenue de la maladie, notamment par le biais de la sensibilisation auprès de la population. Le programme « Manger, bouger », porté par Santé publique France, incarne de manière simple et efficace cette approche : encourager une activité physique régulière, et adopter une alimentation saine et équilibrée constituent en effet des leviers essentiels pour préserver sa santé et réduire le risque de survenue d’un cancer. La prévention primaire inclut la réduction des comportements à risque, tels que la consommation d’alcool ou de tabac. La vaccination est aussi l’exemple le plus parlant de prévention primaire : agir avant que la maladie n’apparaisse.

Le saviez-vous ?

Ce niveau de prévention est porté par divers acteurs, comme des politiques publiques (Santé Publique France, Ministère de la Santé) ou des organismes et établissements de santé comme le CLB qui vont mettre en place des campagnes de sensibilisation et d’informations comme Le « Mois Sans Tabac ». Les établissements publics et privés comme les écoles ou les lieux de travail peuvent également mener des actions de prévention avec des programmes éducatifs sur les facteurs de risques liés à leurs environnements et conditions de travail.

Zoom sur quelques campagnes de prévention

Affiche de la campagne menée par Santé Publique France pour le
Campagne Mois Sans Tabac - Santé Publique France
Affiche pour le Dry January. Le Dry January, est une campagne de santé publique incitant à l'abstinence de consommation de boisson alcoolisée pendant tout le mois de janvier. Descriptif de l'image :
Campagne Dry January / Le défi de Janvier
Campagne menée par l'INCA. Descriptif textuel :
Campagne 40% des cancers pourraient être évités - INCa
Campagne menée par le Centre Léon Bérard Visuel : Mise en scène d'une femme qui se
Campagne dépistage et prévention - Centre Léon Bérard

La prévention secondaire vise à surveiller l’apparition de la maladie afin de la prendre en charge le plus tôt possible pour mieux la soigner.  Les actions de prévention secondaire ont une dimension plus médicale : elles comprennent généralement des examens médicaux de suivi (comme voir son médecin au moins une fois par an) ainsi que l’ensemble des programmes de dépistages organisés tels que :

  • Le dépistage du cancer du sein avec les mammographies,
  • Le dépistage du cancer colorectal avec les coloscopies,
  • Et le dépistage du col de l’utérus avec les frottis.

✉️ Un courrier de l’Assurance Maladie dans votre boite aux lettres ? C’est probablement une invitation à vous faire dépister sans attendre ! Et surprise, ce n’est pas « juste » du papier… c’est déjà de la prévention !

La prévention tertiaire vise à prévenir les potentielles rechutes ou aggravation des maladies, à limiter les complications des traitements, et à réduire le risque de développer d’autres cancers. En termes d’actions, cela inclut l’accompagnement des patients après leur parcours de soin, des parcours de prises en charge notamment en addictologie, la pratique d’une activité physique adaptée (APA), un suivi diététique pour limiter la prise de poids, etc.

Découvrez l’Activité Physique Adaptée

Découvrez l'activité physique adapté au Centre Léon Bérard.

L’activité physique adapté (APA) est un dispositif intégrant un grand panel d’activités physique accessible à tous et à tout moment du parcours de soins. 

On y retrouve : 

  • Du circuit training, 
  • des séances de plateau,
  • de la gym,
  • du yoga, 
  • du pilâtes, 
  • du fit moove.

Ces activités, sous forme de séances, prennent place dans différents lieux à l’intérieur du Centre Léon Bérard. Les activités citées précédemment se déroulent au sein de l’espace pyramide. 
Pour les patients en hôpital de jour ou encore en chambres stériles, l’APA est également possible.  On retrouve également des séances collectives en IHOPe et des séances en visio (à distance). 

Mais l’APA au Centre Léon Bérard, c’est aussi des activités en extérieur avec notamment de la marche nordique et du circuit training (au parc de Parilly) et de l’aquagym (à la piscine Charial).

L’APA est un dispositif qui s’adapte aux patients. Il vous permet également d’avoir un bilan pour évaluer vos besoins et renforcer votre motivation. 

Quels sont les bénéfices de l’activité physique adaptée ? 

  • Une meilleure tolérance des traitements 
  • Une amélioration de la qualité de vie 
  • Une réduction du risque de récidives et de mortalité 

Nos enseignants APA sont là pour vous accompagner ! Alors, venez rentrer l’équipe à l’Espace Pyramide 

04 78 78 51 48 

 

 

 

 

Pourquoi parler de prévention plutôt que de principe de précaution ?

« C’est la même chose, non ? » On entend souvent parler de prévention et de principe de précaution. Ces deux notions sont proches, mais elles ne veulent pas dire la même chose. Et pourtant, on les confond souvent ! Voici une explication simple pour y voir un peu plus clair.

Le principe de précaution : on ne sait pas encore, mais on préfère faire attention

Le principe de précaution entre en jeu quand on n’a pas encore assez d’informations fiables pour prouver un danger, mais qu’on pense qu’un risque est possible. Dans le doute, on choisit d’agir de manière prudente, le temps d’en savoir plus. 

La prévention : on sait, donc on agit

La prévention, quant à elle, agit face à un risque connu et scientifiquement prouvé. On a des faits, des études, des données solides. Il n’y a plus de doute : le danger est réel, alors on met en place des actions pour l’éviter ou en limiter les effets au maximum.

Pour y voir plus clair sur ...

  • le principe de précaution
    Avez-vous entendu parler du bisphénol A (BPA) ?  Ce composé chimique, utilisé dans la fabrication de plastiques et de résines a longtemps fait l’objet d’une controverse, notamment concernant son utilisation dans les biberons. À ce jour, aucun effet cancérogène du BPA n’a été clairement démontré chez l’être humain, et les données scientifiques disponibles ne permettent pas d’évaluer avec certitude un risque sanitaire. En 2011, la loi dite « Grenelle 2 » a été adoptée en France pour interdire l’utilisation du BPA dans la fabrication des biberons. Cette mesure illustre l’application du principe de précaution. Bien que les études ne suffisent pas à confirmer un danger, la nature même du BPA incite à prendre des précautions.
  • la prévention
    Que vous soyez fumeur ou non, vous avez certainement déjà entendu parler du « Mois Sans Tabac » organisé chaque année en novembre. Cette campagne nationale de sensibilisation est un outil majeur de prévention contre le tabagisme. Le tabac, classé comme cancérogène certain de groupe 1 par le CIRC, est responsable de 17 types de cancers. Il représente ainsi le principal facteur de risque de cancer.  Puisque cette classification s’appuie sur des recherches et des données scientifiques valides, nous pouvons parler de prévention.

En bref, 

La prévention constitue un pilier fondamental de la santé publique, elle engage l’ensemble de la population. En mobilisant les individus autour de gestes simples, d’attitudes responsables et d’une meilleure connaissance des facteurs de risques, nous pourrions éviter 40% des cancers attribués à des facteurs de risque dits modifiables. Les trois niveaux de prévention forment une stratégie au service d’une population mieux informée et mieux accompagnée dans leur parcours de santé. Il s’agit d’une responsabilité individuelle et collective, essentielle pour construire une société en meilleure santé.

 

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Publié le 21 novembre