La cigarette électronique est encore perçue comme une « alternative sans risque » au tabac. Initialement utilisée comme substitut nicotinique chez les ex-fumeurs, elle séduit désormais une population plus large, notamment les jeunes non-fumeurs. Pourtant, une expertise récente de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) met en lumière des risques bien réels, notamment liés à l’exposition à des substances cancérogènes.

Le vapotage, une pratique en plein essor

En France, le vapotage s’est largement développé ces dernières années. Cette progression s’explique en partie par la baisse du tabagisme : certains fumeurs se tournent vers la cigarette électronique pour arrêter ou réduire leur consommation de tabac, d’autres au contraire, en font une nouvelle pratique, notamment les plus jeunes attirés par la diversité des aromes et l’effet de mode.

Selon Santé publique France, plus de 6 adultes sur 100 vapotent quotidiennement, soit plus de 3 millions de personnes en 2024. À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 100 millions d’individus utilisent la cigarette électronique. Ce « succès » s’appuie notamment sur la croyance qu’elle serait « sans danger », voire bénéfique, en raison de l’absence de combustion et d’une supposée absence de substances chimiques nocives. Une perception quelque peu erronée…

Vapoter est-il pour autant sans risque ?

Si la cigarette électronique ne produit pas de combustion comme le tabac, elle n’est pas exemptée par la présence de substances toxiques. Les aérosols qui sont inhalés peuvent contenir des composés nocifs, dont certains sont irritants ou toxiques pour l’humain. À court terme, leur inhalation peut provoquer une irritation des voies respiratoires ou des effets sur le système cardiovasculaire. L’exposition répétée à ces substances peut entraîner des effets sur la santé, telles que des atteintes cardiovasculaires et pulmonaires.

Par ailleurs, plusieurs études et rapports d’expertises, dont celui de l’Anses, pointent la présence d’aldéhydes dans les vapeurs inhalées. Ces composés, appartenant à la famille des composés organiques volatils (COV), sont connus pour leur toxicité. Certains sont classés cancérogènes avérés ou probables, en fonction du type d’aldéhydes, par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Les composants que l’on retrouve également dans la vapeur d’une cigarette électronique peuvent varier en fonction des dispositifs, des liquides utilisés (propylène glycol, glycérine végétale, arômes, nicotine…) et des conditions d’utilisation. Ces substances sont généralement présentes à des « taux bien inférieurs aux valeurs réputées toxiques ou cancérogènes », mentionne Tabac-info-service.

Même si les niveaux d’exposition restent généralement inférieurs à ceux du tabac, ils ne sont pas sans conséquence, surtout en cas d’usage prolongé. La cigarette électronique pourrait ainsi contribuer au développement de certains cancers cancers, notamment au niveau du nasopharynx, des sinus et des voies respiratoires.

A LA UNE DES JOURNAUX

La cigarette électronique, nocive mais pas uniquement pour l’Homme !

Un écureuil mâchouillant une cigarette électronique, filmé par une habitante Londonienne

Au-delà de la santé humaine, la cigarette électronique pose aussi des questions inattendues.

Au Royaume-Uni, des écureuils ont récemment été photographiés et filmés manipulant des cigarettes électroniques jetées dans la nature, comme en témoigne l’image. Attirés par les odeurs sucrées des liquides aromatisés, ces animaux mordillent les embouts imprégnés de résidus chimiques. Une exposition qui est loin d’être inoffensive : les substances toxiques présentes peuvent représenter un danger réel pour la faune, rappelant que l’impact de ces dispositifs dépasse le seul cadre de leur utilisation.

La cigarette électronique, une aide au sevrage tabagique à prendre avec des pincettes

La cigarette électronique peut constituer une aide au sevrage tabagique pour les fumeurs, mais elle ne doit pas être considérée comme anodine. Elle s’adresse avant tout aux personnes souhaitant arrêter ou réduire leur consommation de tabac, et n’est pas recommandée aux non-fumeurs.

D’autres substituts nicotiniques existent (patchs, gommes, inhalateurs) et présentent également une efficacité reconnue. Un accompagnement par un professionnel de santé peut également augmenter les chances de réussite.

La plupart des cigarettes électroniques contiennent de la nicotine, substance addictive pouvant entretenir une dépendance. L’objectif reste, à terme, un arrêt complet de toute consommation de nicotine.

Vous souhaitez en savoir plus sur le sujet ?

Venez découvrir le rapport d’expertise de l’Anses ! 

Des ressources complémentaires sur le sujet : 

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Sans filtre : tout savoir sur le tabac, ses dangers et comment mieux s’en protéger

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Publié le 29 mai