Sirops de menthe, bonbons colorés ou encore plats préparés, les additifs alimentaires sont partout. Pourtant, leurs effets sur la santé restent encore largement méconnus. Une nouvelle série d’études vient aujourd’hui relancer le débat autour de ces substances largement utilisées par l’industrie agroalimentaire.

Des additifs bien cachés mais avec des conséquences sur notre santé

Au quotidien, il est devenu difficile d’éviter les colorants et conservateurs. Selon les données d’Open Food Facts (une base de données de produits alimentaires créée par tous et pour tous) publiées en 2024, sur les 3,5 millions de produits alimentaires recensés, près de 139 000 contiennent au moins un colorant et plus de 700 000 un conservateur. Des additifs souvent cachés derrière des codes ou des noms peu familiers pour les consommateurs.

Pour mieux comprendre leurs effets, des chercheurs ont étudié les habitudes alimentaires de plus de 100 000 personnes dans le cadre de la cohorte NutriNet-Santé. Ces travaux ont été menés par des chercheurs et chercheuses de l’Inserm, de l’INRAE, de l’Université Sorbonne Paris Nord, de l’Université Paris Cité et du Cnam.

Les résultats publiés dans plusieurs revues scientifiques internationales établissent des associations entre certains additifs alimentaires et plusieurs maladies chroniques. Deux des études montrent notamment un lien entre la consommation de certains colorants et le risque de développer un diabète de type 2 ( Diabetes Care). D’autres associations ont également été observées avec certains cancers (European Journal of Epidemiology) ainsi qu’avec l’hypertension et les maladies cardiovasculaires (European Heart Journal).

Des chiffres qui donnent le vertige

Les chiffres avancés par ces travaux sont parlants. Les colorants alimentaires, pris dans leur ensemble, sont associés à une augmentation de 14 % du risque de cancer en général, de 21 % du risque de cancer du sein, et de 32 % du risque de cancer du sein après la ménopause.

Certains additifs sont particulièrement mis en cause. Le bêta-carotène de synthèse (E160a), utilisé pour donner une couleur orangée à certains aliments est lié à une hausse de 16 % du risque de cancer global et de 41 % du risque de cancer du sein. Le caramel ordinaire (E150a), présent dans de nombreux sodas et sauces industrielles, est quant à lui associé à une augmentation de 15 % du risque de cancer global.

Une première à grande échelle !

Dans son communiqué, l’Inserm souligne le caractère inédit de ces recherches. Jamais auparavant des études épidémiologiques n’avaient analysé un nombre aussi important de colorants et de conservateurs en lien avec la santé.

Des résultats qui pourraient « souligner la nécessité d’une réévaluation par les autorités sanitaires de la sécurité de ces additifs pour intégrer ces nouvelles connaissances scientifiques et mieux protéger la population » nous informe les auteur(e)s de ces travaux.

Comment réduire son exposition ?

  • Privilégier une alimentation composée d’aliments bruts ou peu transformés, comme les fruits, les légumes, les légumineuses et les céréales complètes.
  •  Lire attentivement les étiquettes permet également de mieux repérer certains additifs présents dans les produits industriels, notamment les codes « E » tels que les E150a ou E160a.
  •  Réduire sa consommation d’aliments ultra-transformés : sodas, plats préparés, confiseries, etc.
  •  Cuisiner maison reste la solution la plus efficace pour adopter une alimentation simple. 

Vous souhaitez en savoir plus ?

Des ressources complémentaires sur le sujet : 

Portail Cancer Environnement : Fiche 4-méthylimidazole (4-MEI) – caramel colorant

Anses : Le point sur les additifs alimentaires 

Site & application : Open Food Facts

Photographie d'une femme qui fait les courses

Faut-il seulement « bien manger » pour être en bonne santé ?

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Publié le 29 mai