La recherche en prévention

Comprendre pour mieux agir contre le cancer
Des experts de divers domaines unissent leurs compétences pour comprendre les causes du cancer et développer des stratégies permettant d’en réduire l’apparition.

Aujourd’hui, près de 40 % des cancers pourraient être évités grâce à des modes de vie plus sains et des environnements moins nocifs. La prévention du cancer est donc un enjeu majeur de santé publique. Pourtant, il existe un vrai décalage entre ce que la science nous apprend et ce qui est réellement mis en pratique dans la vie quotidienne ou dans les politiques de santé. La recherche repose sur la capacité à identifier les facteurs de risque, à comprendre les mécanismes d’exposition et à développer des interventions efficaces pour réduire l’incidence des cancers et les risques de récidive.

photo du Professeur Béatrice Fervers

La prévention est un chantier qui doit se renouveler perpétuellement car les chemins sont nombreux et sinueux … mais le succès est possible par le biais de partenariats et d’avancements des connaissances.

Pr Béatrice Fervers

Responsable du Département Prévention Cancer Environnement du CLB

Deux départements de recherche dédiés à la prévention

 Le Centre Léon Bérard s’est engagé très tôt dans la prévention du cancer, dès sa création en 1923 sous l’impulsion du Pr Léon Bérard.

Aujourd’hui, deux départements y sont spécifiquement dédiés :

  • Le département Prévention Santé Publique, créé en 1990 et coordonné par le Pr Christine Lasset, est consacré à l’évaluation des prédispositions héréditaires aux cancers ainsi qu’à la prévention des addictions.
  • Le département Prévention Cancer Environnement, créé en 2009 et coordonné par le Pr Béatrice Fervers, mène des travaux de recherche interdisciplinaires sur les facteurs environnementaux, professionnels et nutritionnels impliqués dans le développement des cancers.

Département Prévention Cancer Environnement

Le Département Prévention Cancer Environnement du Centre Léon Bérard mène depuis plusieurs années un programme de recherche ambitieux, multidisciplinaire et innovant, visant à éclairer les liens entre environnement, comportements et cancer et à réduire le fossé entre les savoirs scientifiques et leur application concrète.

Une approche intégrée et interdisciplinaire

Cette recherche s’appuie sur une approche intégrée, combinant épidémiologie, recherche clinique, biologie moléculaire, géographie de la santé, et sciences sociales. Elle couvre plusieurs axes :

  • Expositions environnementales : pollution de l’air, pesticides, amiante, perturbateurs endocriniens.
  • Expositions professionnelles : identification et reconnaissance des cancers d’origine professionnelle.
  • Facteurs nutritionnels : activité physique, sédentarité, nutrition, composition corporelle, microbiote intestinal.
  • Transfert de connaissances : implication des citoyens et des professionnels dans les stratégies de prévention et la vulgarisation des connaissances scientifiques.

Cette diversité permet de mieux comprendre les interactions complexes entre les facteurs de risque et les contextes de vie, et d’adapter les interventions aux réalités.

Des projets phares pour une prévention ciblée

Parmi les nombreux projets de recherche, plusieurs se distinguent par leur portée et leur originalité. Ils explorent notamment les liens entre les expositions environnementales, la nutrition, l’activité physique et le risque de cancer, en mobilisant des approches interdisciplinaires et innovantes. D’autres initiatives se concentrent sur la prévention primaire et la recherche interventionnelle, visant à promouvoir le changement de comportements et à améliorer l’information et la participation des publics.

Projets de recherche

La recherche en prévention primaire au cœur des priorités

Le département est fortement engagé dans la prévention primaire, c’est-à-dire la réduction des risques avant l’apparition de la maladie. Il coordonne le réseau CANCEPT, labellisé par l’Institut National du Cancer (INCa), qui vise à structurer la recherche en prévention primaire sur les facteurs nutritionnels et environnementaux du cancer. Ce réseau favorise les collaborations entre chercheurs, professionnels de santé et collectivités, et soutient le développement de projets innovants. Il contribue à renforcer les compétences en recherche interventionnelle, à identifier des leviers d’action efficaces et à promouvoir des environnements favorables à la santé.

Design sans titre (96)

La recherche en prévention secondaire et tertiaire en cancérologie : anticiper, accompagner, améliorer

La lutte contre le cancer ne se limite pas à la prévention primaire. Elle s’étend également à la prévention secondaire, qui cherche à détecter précocement les cancers pour améliorer les chances de guérison, et à la prévention tertiaire, qui vise à réduire les séquelles des traitements et les risques de récidive. Ces deux niveaux de prévention sont aujourd’hui au cœur de nombreux programmes de recherche.

Prévention secondaire : détecter tôt pour mieux traiter

La prévention secondaire repose principalement sur le dépistage précoce des cancers. Elle permet d’identifier la maladie à un stade où les traitements sont plus efficaces et moins invasifs. Cette approche est particulièrement pertinente pour les cancers du sein, du côlon, du col de l’utérus et de la prostate.

Le CLB joue un rôle central dans cette stratégie préventive grâce à des plateaux techniques de pointe (imagerie, oncogénétique, analyses biomoléculaires) et à son maillage territorial. Il participe activement aux campagnes de dépistage organisées, mais aussi à des projets de recherche innovants, comme le programme Interception, piloté par l’Institut Gustave Roussy qui identifie les personnes à risque élevé de cancer pour leur proposer une prévention personnalisée, en lien avec les médecins de ville.

Ces initiatives illustrent une évolution vers une médecine de précision, où le dépistage s’adapte aux caractéristiques génétiques, comportementales et environnementales de chaque individu.

Prévention tertiaire : vivre mieux pendant et après le cancer

La prévention tertiaire concerne les personnes traitées pour un cancer. Elle vise à prévenir les complications, améliorer la qualité de vie et réduire les risques de récidive en s’intégrant dans les parcours de soins des patients suivis au CLB, à travers plusieurs axes :

  • Un accompagnement nutritionnel et en activité physique: des programmes personnalisés sont proposés pour aider les patients à limiter la prise de poids pendant les traitements du cancer et à adopter un mode de vie favorable à la santé. L’activité physique adaptée est reconnue pour ses effets positifs sur la fatigue, la qualité de vie et le risque de rechute.
  • Suivi après-cancer précoce : le programme PASCA (PArcours de Santé au cours du Cancer) propose un suivi structuré des patients après leur traitement. Il permet de repérer précocement les complications et d’orienter les patients vers des soins adaptés.

Le Centre Léon Bérard (CLB) intègre la recherche en prévention directement dans les soins, en complément des traitements, pour une prise en charge globale du patient. Cette approche permet d’adapter les interventions aux besoins et risques spécifiques de chaque patient, d’exploiter les données cliniques pour améliorer les pratiques médicales, de renforcer la coordination entre les soins hospitaliers et les soins de ville, notamment pour le suivi à long terme.

Une recherche au service des citoyens, des acteurs économiques et des politiques publiques

Au-delà des études scientifiques, le département mène des actions de transfert de connaissances vers différents publics, les citoyens mais également les acteurs du monde économique et des politiques publiques. Ces actions prennent la forme de conférences, d’expositions interactives, de publications vulgarisées ou de partenariats avec les collectivités locales.

L’objectif est de rendre les résultats de la recherche accessibles, compréhensibles et utiles pour les décisions individuelles et collectives et de partager et utiliser les connaissances pour transformer les pratiques.

Des résultats concrets et prometteurs

Les projets menés ont déjà permis :

  • De mieux caractériser les expositions environnementales et professionnelles.
  • De proposer des outils de repérage pour les cancers d’origine professionnelle.
  • De modéliser les trajectoires d’exposition aux polluants sur plusieurs décennies.
  • D’accompagner de nombreux patients à pratiquer de l’activité physique et à adopter une alimentation adaptée pendant les traitements.
  • De sensibiliser les populations aux enjeux de santé environnementale.

Ces avancées contribuent à une meilleure compréhension des déterminants du cancer et à l’élaboration de politiques de prévention plus ciblées et plus efficaces.

Une recherche engagée pour un avenir plus sain

La recherche en prévention est un pilier essentiel de la lutte contre le cancer. Elle allie rigueur scientifique, innovation méthodologique et engagement citoyen pour répondre aux défis complexes de la santé publique.

En intégrant les dimensions environnementales, comportementales et sociales, elle permet une prévention plus juste, plus équitable et plus durable. Dans un monde où les expositions se multiplient et où les inégalités persistent, cette recherche est plus que jamais nécessaire pour construire un avenir où le cancer pourra être évité, anticipé et combattu efficacement.

default